La zone démilitarisée et la JSA

 
      La zone démilitarisée, ou Demilitarized Zone (DMZ) en anglais, est une zone tampon qui partage les deux Corées au niveau du 38ièmeparallèle. Elle traverse la péninsule d’est en ouest pour une longueur totale de 248 kilomètres et 4 kilomètres de large. Elle marque la frontière entre les deux pays, et contrairement à son nom, elle constitue la frontière la plus militarisée au monde avec près de 1 110 000 hommes (700 000 pour la Corée du Nord et 400 000 pour son voisin du sud qui est soutenue par la deuxième division d’infanterie des Etats-Unis.) Les miradors, les barbelés et les mines (environ un million enterrée le long de la DMZ) font partie du paysage, au même titre que les patrouilles qui effectuent des rondes régulières. Vestige d’un autre monde, la zone démilitarisée constitue aujourd’hui l’un des points les plus chauds de la planète. La DMZ est traversée, en son milieu, par la ligne de démarcation qui constitue la véritable frontière entre les frères ennemis.

                                                     

   Créée, lors de la signature de l’armistice de la guerre de Corée, le 23 mars 1953, à Panmunjom, la zone démilitarisée marque aujourd’hui la frontière entre le monde capitaliste et le monde communiste et permet au régime nord-coréen de se replier un peu plus sur lui-même. Cette zone limite la fuite de nord-coréens vers le sud dans la mesure où son franchissement est quasi impossible.

     Le 15 novembre 1974, lors d’une patrouille de l’armée sud-coréenne, un soldat remarque de la vapeur qui s’échappe anormalement du sol. En se rapprochant, il découvre un tunnel qui passe sous la DMZ et qui se dirige vers le nord. Cinq jours plus tard, avec l’aide des Américains et du commandement des Nations Unies, lors de l’inspection du tunnel une explosion commanditée par la Corée du Nord fit deux morts et plusieurs blessés. Le tunnel avait les parois renforcées par des dalles de béton, éclairés et équipés de rails pour permettre le passage de chariots. Trois autres tunnels ont été découverts, jusqu’en 1990, tous construits sur le même modèle. Ils permettent une invasion, par la route, de l’Armée populaire de Corée ainsi que le passage d’une division en une heure. La conception des tunnels s’avère être de plus en plus sophistiquée. Par exemple, le troisième tunnel découvert est creusé en pente, ce qui permet à l’eau de s’évacuer rapidement.

 

















  
   Selon les sud-coréens, il existerait au moins dix tunnels du même type le long de la DMZ. Des forages ont été effectués dans la zone démilitarisée par les Américains et les sud-coréens.

     Pour justifier l’existence de ces tunnels, la Corée du Nord a expliqué qu’il s’agissait de mines de charbon. Le seul problème est qu’ils ont été creusés dans du granit. Cependant, pour tenter de prouver la présence de charbon, elle a peint certains murs en noir.

   Aujourd’hui ces tunnels existent toujours et certains peuvent d’ailleurs être visités. C’est le cas du troisième tunnel découvert en octobre 1978, il est désormais fermé au niveau de la ligne de démarcation par des barricades et ne permet donc plus le passage entre les deux pays.

     La DMZ est aujourd’hui un important habitat pour les animaux sauvages et en particulier pour les oiseaux migrateurs comme les grues ou les oies par exemple. Ces animaux qui sont ainsi protégés restent plusieurs semaines dans la zone. C’est pour cette raison que certaines personnes demandent que cet environnement soit protégé. 

   A l’intérieur de la DMZ, se situe, à Panmunjom, la Joint Security Area (JSA) qui est une zone commune de sécurité traversée par la ligne de démarcation. C’est l’un des endroits les plus sensibles de la planète car les armées de deux camps se défient les yeux dans yeux et le moindre incident peut entrainer une déclaration de guerre.
   
 



    En 1953, la zone commune de sécurité est créée et sert encore aujourd’hui comme point de rencontre entre les deux pays. Les discutions ont lieu dans les bâtiments bleus.


 
     Elle se situe non loin de l’ancien village de Panmunjom détruit durant la guerre de Corée et non reconstruit par la suite car il se trouvait à l’intérieur de la zone démilitarisée


   La ligne de démarcation, qui marque la frontière des deux pays, est symbolisée par un dalle de béton à l’extérieur et elle coupe les bâtiments en deux ainsi que les tables qui se trouvent à l’intérieur. D’un coté c’est la Corée du Sud pays libre et démocratique (à gauche sur la photo) et de l’autre c’est la Corée du Nord pays communiste (à droite sur la photo).

   A l’origine, la JSA était une zone neutre et commune où chaque partie pouvait y circuler librement. Mais en 1976, la décision fut prise de séparer la zone en deux, suite à l’assassinat de deux G.I Américains par des soldats nord-coréens.

   Cette séparation (ici en rouge) destinée à éviter qu’un tel incident se reproduise posa un problème à la Corée du Nord. En effet à l’intérieur de la JSA coule la rivière Sachon. Elle est enjambée par le pont de non-retour qui faisait le lien entre la Corée du Nord et la JSA. Mais le tracé de la ligne de démarcation coupe le pont en deux et donne désormais accès au coté sud-coréen. La Corée du Nord n’avait donc plus de route qui faisait le lien avec la zone commune de sécurité.  C’est pour cela que les autorités communistes ont décidé, en urgence, de construire un nouveau pont quelques centaines de mètres plus au nord que le précédent pour avoir ainsi un accès direct à la JSA. Ce pont fut construit en trois jours et c’est pour cette raison qu’il fut baptisé le « pont des 72 heures ».

   A noter, que la JSA se visite en groupe organisé mais avant d’y pénétrer on vous demande de signer une décharge stipulant notamment qu’un un incident peut intervenir à n’importe quel moment et que vous pouvez en conséquent être blessé ou tué. C'est environ 100 000 touristes qui se rendent sur les lieux chaque année.

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